19/11/2007 - Le trekking, de Chhukhung au Camp de base de l'Everest - Khumbu

Dimanche 28 octobre 2007

La nuit a été très froide et pas terrible, serait-ce l'excitation du 1er plus de 5 000 m ? Bon on se rattrapera demain. La nuit de Sabine a été pire ! Mal à la tête, au dos, fatigue, baisse de moral : Alerte de Julien. Heureusement nous redescendons. Petit souvenir du Lobuche Peak avant le départ.

Départ de Chhukhung 

Nous quittons Chhukhung par une jolie descente sur la rive droite de l'Imja Khola, plus bas, une mer de nuages recouvre la vallée , mais ici à 4700 m c'est un beau soleil, un peu froid. Nous retournons avec plaisir à Dingboche.

 

 

 Dingboche

 

Le chemin monte tranquillement, au sommet d'une belle colline nous avons une vue magnifique sur la vallée de la Lobuche Khola, sur le village de Pheriche et de très loin nous apercevons le Cho La Passe, le col que nous franchirons dans une semaine.

 

Pheriche

 

Pour le moment, nous descendons joyeusement et toujours sous un soleil radieux le chemin qui nous mène au lodge, il est 11 heures, c'est une petite étape de récupération. Nous sommes arrivés tôt et nous regardons nos porteurs qui courrent le dans la descente !

 

Porteurs à Pheriche

 

Après le déjeuner, Julien propose à Sabine de l'emmener à la "clinic rescue himalaya" qui est en fait un dispensaire où des médecins "news-zélandais" étudient les problèmes liés à l'altitude et en particulier au mal des montagnes. Je les accompagne car j'avoue, bien que Sabine aille mieux, que nous souhaitons être rassurés sur sa capacité à continuer le trek.

 

Pheriche

 Le Mal Aigu des Montagnes (MAM) est dû à la raréfaction de l’oxygène en altitude. Certains signaux bénins permettent de reconnaître son apparition (le plus souvent entre 3000 et 3500 mètres). Dans la grande majorité des cas, ces signaux disparaissent : on parle d’acclimatation. Mais ces symptômes doivent être pris en compte lorsqu’ils persistent et s’accentuent. Ces malaises non reconnus peuvent entraîner des troubles graves, telles que l’œdème pulmonaire ou cérébral.

Symptômes bénins du mal d’altitude : Maux de tête, nausées, perte d’appétit, perte de sommeil, gonflement de certaines parties du corps telles que mains ou visage.

Symptômes de l’œdème pulmonaire : Essoufflement accru ressenti même au repos, toux persistante, respiration bruyante, rétention d’urine.

Symptômes de l’œdème cérébral : fatigue très accrue, vomissements, très sévères et persistant maux de tête, difficulté pour marcher (démarche ivre), perte de lucidité, incohérence dans le comportement et la parole, vertiges.   

 

Cure :

Symptômes bénins : arrêter l’ascension jusqu’à ce que ces symptômes aient disparus (une journée suffit, en général).

Symptômes de l’œdème pulmonaire : Redescendre immédiatement (au moins 500 m de dénivellation) jusqu’à disparition des symptômes. On peut reprendre lentement l’ascension.

Symptômes de l’œdème cérébral : Redescendre immédiatement, si possible jusqu’à un poste de secours: En aucun cas ne reprendre l’ascension, abandonner le trek.

Prévention : Pendant tout le séjour en haute altitude :

·       Augmentez la consommation de liquide et vérifiez que vous urinez normalement.

·       Augmentez la quantité de sel.

·       Emportez quelques fruits secs riches en potassium, tels que les abricots, les pruneaux... 

Le médecin très sympathique pose des questions "en anglais", ce qui nous permet de revoir tout notre vocabulaire sur la santé ! Après auscultation, : poumons, oxygénation, maux de têtes, il ne diagnostique rien de grave et n'est pas du tout alarmé. Notre petite toulonnaise résidant au niveau de la mer, n'a tout simplement pas l'habitude de l'altitude et a plus de mal à s'acclimater. Le fait d'être redescendue a déjà amélioré son moral, et nous voici rassurés : nous pouvons continuer. 

 

Retour au Lodge : douche chaude, lessive… et visite du village qui se compose de charmantes habitations toutes construites de pierre, avec souvent de solides toits de lauze.

 

Pheriche 

 

Nos hôtes sont charmants, c'est un couple de jeunes népalais. Au dîner nous avons des pizzas et des pommes de terre et nous dansons autour du poêle avec les hôtes, les sherpas et les porteurs au son des chansons népalaises et surtout de : Resham Firiri. Ce soir nous gardons Sabine avec nous dans la chambre.

 

Lundi 29 octobre 2007  

La nuit a été excellente jusque 5 heures 30, notre organisme s'est habitué au réveil tôt. Il est vrai que cela nous fait des nuits de 9 à 10 heures ! A partir d'aujourd'hui, nous attaquons la vallée du Khumbu : du sérieux.

Le sentier s'orientant vers le nord-ouest remonte la Lobuche Khola, affluent de l'Imja et traverse tranquillement, avec de légers « up and down », un versant couvert de prairies rases. La marche, facile, laisse tout loisir pour contempler le paysage, et notamment la vallée qui présente ici ses plus beaux atouts. Les montagnes enneigées : Pumori, Ama Dablam, Kang Taiga, Thamserku et Cholotse, nous accompagnent durant toute cette étape. 

Khumbu

Le hameau de Dusa (4503 m) marque le début de la montée qui mène d'abord à Duglha (4620 m) petit village construit au pied du glacier du Khumbu, où nous déjeunons.

 

Dughla 

 

Après le déjeuner nous attaquons la montée dans la moraine, nous sommes à plus de 4 800 m et il y a toujours du monde sur le sentier malgré une marche assez "éprouvante" des trekkeurs, mais aussi des colporteurs...

 

Khumbu

 

A 4 830 m nous atteignons le Trokla Pass, nous découvrons le col avec une étrange impression. Ici se situe le Mémorial Sherpa. En effet des centaines de cairns sont élevés pour chaque Sherpa décédé lors de l'ascension de l'Everest... c'est très émouvant.

 

Trokla Pass

 

Après un moment de reccueillement, nous nous offrons une pause bien venue où chaqu'un peut tester ses capacités... surtout Julien

 

Trokla Pass

 

Après la pause, nous continuons notre chemin, qui franchit une rivière glaciaire, avant de s'élever entre la Lobuche (à gauche) et le glacier Khumbu (à droite).

 Dughla

 nous poursuivons donc sur la rive gauche de la Lobuche, de loin nous voyons déjà les porteurs atteindre le premières maisons de Lobuche.

 Khumbu

Après 6 heures de marche, nous atteignons Lobuche à 4 910 m.

 

Ce village d'alpage, particulièrement raid, est coincé entre le glacier du Lobuche et celui du Khumbu, qui descend les pentes du Pumori ; au-dessus se dresse la montagne du Lobuche Est (6119 m). Cependant le village a des airs de "Bidon ville" c'est un village "de passage "essentiellement aménagé pour les "touristes". Il y a peu de lodges en dur, surtout du bois, de la tôle... et des matériaux de récupération. Pour preuve : une épave d'avion trône au milieu de détritus de toute sorte...  à côte de "toilettes himalayennes". Et oui ! le tourisme n'a pas que de bons côtés ; mais de part notre présence, nous en portons tous la responsabilité ! 

 

Après l'installation au Logde, nous grimpons sur les pentes morainiques qui dominent le campement, nous pouvons admirer un beau coucher de soleil sur le Lhotse. A 17 heures, c'est le briefing et nous préparons nos sacs car demain nous nous levons tôt, la journée sera longue.

 

Le Lhotse ou "pic sud" (traduction littérale du Népalais), à droite sur la photo prise au sommet du Kala Patthar, 

 

Lhotse

 

souvent qualifié de satellite de l'Everest, est le quatrième plus haut sommet du monde. Ses 8516 m d'altitude ont été gravis pour la première fois le 18 mai 1956, par les suisses Adolf Reiss et Fritz Luchsinger dans une expédition menée par Albert Eggler. Sa face sud, formidable barrière de 3 500 m de dénivelée, a constitué un des enjeux majeurs de l'Himalayisme, dans les années 1980. En 1990, le Slovène Toma Cesen prétend avoir résolu ce grand problème ; mais aucune photographie de la voie n'a été prise. Manque de preuve face à cette ascension impossible aux yeux de certains : s'en suivra une polémique, jamais résolue, jetant le doute sur cet exploit

 

Mardi 30 octobre 2007 

 

Nous sommes réveillés à 4 heures avec un thé et des gâteaux. Effectivement, un départ au petit matin permet d'appréhender cette marche en haute altitude avec plus de tranquillité et de mieux profiter du paysage. C'est donc un départ à 4 heures 50 à la frontale.

Lobuche

 

Le sentier remonte doucement la Lobuche, en longeant le glacier Khumbu, nous passons tranquillement le Lobuche Pass (5 110m) quand le jour se lève.

Lobuche - Gorak Shep

 

Le terrain, facile durant les deux premières heures de marche, devient plus physique : la langue terminale des glaciers Changri Nup et Changri Shar coupe la route pour rejoindre le glacier du Khumbu. Cette intersection glaciaire, recouverte d'une moraine grossière, occupe l'esprit et les jambes pendant une bonne heure. Puis le sable prend possession des lieux, on découvre alors Gorak Shep (5140 m) : un lac et de drôles de petites maisons perdues dans une mer de sable !

 

Vallée du Khumbu

 

Il est 8 heures du matin et nous prenons un petit déjeuner bien mérité au lodge, un peu de repos avant d'attaquer le Kala Patthar. Heureusement le soleil est déjà là pour nous réchauffer un peu car à cette altitude le fond de l'air est frais.

 

Gorak Shep

 

Et c'est parti pour le sommet du Kala Pattar. Ce dernier ne présente aucune difficulté technique ; cependant la majeure partie de l'étape se déroule au-dessus de 5 200 m.  Une sente caillouteuse guide nos pas jusqu'à ce superbe belvédère, et mieux vaut ne pas penser à la raideur du chemin de toute façon on branche "le pilote automatique" et on regarde droit devant : l'élégance et la beauté du Pumori en point de mire nous insuffle le courage de monter.

 

Gorak Shep

 

Le sentier qui monte au Kala Patthar et la pyramide du Pumori

 

La montée dure environ 2 heures pour certains et 3 heures pour Jean-Luc et Sabine (qui fait preuve aujourd'hui de pugnacité !). Une fois l'effort accompli : quelle récompense ! Le glacier du Khumbu s'étale, monstrueux sur des kilomètres,

Kala Patthar

tandis qu'à l'ouest, l'Everest, fier de dominer le monde, dévoile son mythique ressaut Hillary et, en contrebas le col sud, prolongé par l'arête du Lhotse ; devant lui, le Nuptse revendique ses 7879 m d'altitude. 2000 m plus bas, des «ice fall» narguent les prétendants à l'Everest. Ce chaos glaciaire est la première difficulté pour se rendre sur le toit du monde, nous apercevons d'ailleurs aux pieds le camp de Base. 

 

Everest

 

Les yeux s'emplissent de ces merveilleux paysages.

 

Malgré les rafales violentes du vent, on s'embrasse, on se congratule, les Sherpas, les porteurs, ils sont tous là pour fêter avec nous cette rude et magnifique ascension pour les novices que nous sommes.

Kalla Patthar 

Les clics des appareils photo retentissent devant tant de beauté, de grandeur. C'est digne de "la montée des marches à Cannes" : les "stars "sont présentent. Justement surprises de magnifiques oiseaux (Lagopèdes ?) viennent nous saluer.

 

Kala Patthar

 

Nous redescendons dans la poussière que nos pas soulèvent. La vue est magnifique sur le glacier du Khumbu et Gorak Shep qui ressemble à un jeu de Lego posé sur le sable. Il y a pas mal de monde au Lodge, nous faisons notre petite séance d'étirement en suivant les conseils de Sabine, qui pour l'occasion "pète la forme".

 

Gorak Shep 

 

Après le déjeuner, c'est un repos bien mérité qui nous permet de mettre à jour "les carnets de route" et de comparer les photos.

Mercredi 31 octobre 2007

Après le petit déjeuner nous nous mettons en route avec du "baume au cœur".  Aujourd'hui, nous allons jouer dans la cour des grands, nous marchons sur les traces d'Edmond Hillary jusqu'au Camp de base de l'Everest. (voir l'article sur la conquête de l'Everest)

Evidemment, la petite balade n'est pas facile ! C'est une marche assez fastidieuse dans la moraine géante du Khumbu !

 

Everest

 

Nous nous dirigeons plein nord, l'horizon est caché par la hauteur du glacier, des grottes et des lacs creusent la glace. Nous entendons les chutes des séracs, et soudain un grondement terrible retentit : c'est une avalanche de glace dans les "ice falls".

Everest

Après presque 4 heures de marche, plusieurs "up/down", des traversées de bédières, des franchissements de rochers nous atteignons la glace du camp de base.

Camp de base

 

Une fois de plus l'émotion est au rendez-vous, c'est presque à la limite du réel. Il fait un temps magnifique, le soleil nous réchauffe, nous sommes à 5 364 m au milieu des tentes des expéditions : c'est un moment intense que nous vivrons peut-être qu'une seule fois dans notre vie !

Camp de base

Je pénètre dans une tente de l'expédition thaïlandaise et je suis accueillie par 4 sherpas népalais. Deux ont effectué leur stage de guide à Chamonix, bien sûr tout de suite nous discutons de la vallée alpine dominée par le Mont Blanc (j'y ai vécu 15 ans, aux pieds du glacier des Bossons). Ils nous offrent le thé. Un autre sherpa est le plus jeune népalais à avoir gravi l'Everest, il avait 17 ans en 2004, lors de cette ascension.

Camp de base

 

Les Sherpas nous parlent de l'ascension en cours. En fait l'expédition est bloquée au col sud, car des rafales violentes de vent empêchent les sherpas de poursuivre jusqu'au sommet du géant. Pour une fois mon anglais, n'a pas fait obstacle à la conversion, c'est un mélange de français/anglais que nous utilisons et une fois de plus les joies de la montagne et de l'alpinisme nous permettent d'être en symbiose malgré nos origines différentes.

Camp de base

 

Il nous faut quitter ce lieu enchanteur avec regret, la marche de retour est longue.

Everest

Après un déjeuner rapide à Gorak Shep et malgré la descente, 2 heures de marche intense nous parvenons à Lobuche au "Kala Patar Lodge" il est presque 18 heures. Le soleil est couché et il fait très froid.

 

Lobuche

 

Nous prenons possession de notre chambre, "une boîte à chaussures" pour 3 personnes aux dires de "Sabine". Et oui elle est en pleine forme ce soir après sa rencontre avec les jeunes sherpas au Camp de Base. Ce soir la "Dining room" est bondée, nous avalons notre soupe et nos pâtes avant de rejoindre à 20 heures notre "magnifique suite" pour un repos bien mérité.

 

Lobuche

 

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2007, l'année du Népal pour nous. Après quelques jours à Katmandou nous partons pour Luckla, les grands cols, Lacs de Gokyo et le camp de base de l'Everest.

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